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SpatioTour à Toulouse !

  • 6 juin
  • 3 min de lecture

#SpatioTour Durant deux jours de déplacement à Toulouse, j’ai eu l’occasion de poursuivre et diversifier les rencontres d’acteurs de la galaxie spatiale française.

Le CNES évidemment, et comme toujours : en cette période d’installation d’une nouvelle direction, j’ai rencontré l’ensemble des organisations syndicales pour un état des lieux. Les coupes budgétaires gouvernementales, de 330 millions pour les 3 années à venir, inquiètent grandement les salarié·es. D’autant que, dans le même temps, de l’argent public sert à financer des « missions » sans fond ni fin pour Thomas Pesquet et Arnaud Prost, qui servent à gaver une start-up américaine et SpaceX... Cette vaste fumisterie choque au CNES. À 55 millions la mission, on se dit qu’il y aurait bien d’autres priorités. Et ça fait désordre quand on sait que les responsables de programmes scientifiques voient leurs budgets amputés, des missions décalées, c’est-à-dire annulées… Plus globalement, ce sont des questionnements autour du sens des activités et des vocations de l’agence qui agitent les équipes. Ce que j’ai vérifié à de nombreuses reprises ces dernières années, mais là, la mission Pesquet est clairement la goûte d’eau tiède qui fait déborder le vase. Avec Jean-Luc Mélenchon, pour qui cette question importe, nous referons du CNES un organisme bien doté et désaliéné des politiques macronistes qui l’ont durablement plongé dans la crise. Il n’est pas trop tard pour le sortir de l’ornière !

Présent sur site, j’en ai profité pour rencontrer le directeur du GEIPAN Frédéric Courtade, en prévision du colloque sur la recherche sur les phénomènes aérospatiaux non identifié qui aura lieu le 29 juin à Paris.

À Toulouse, j’ai rencontré sur le campus du CNES des équipes de l’IGN, autour d’Alexandre Tisserant, directeur de l’observation de la Terre et du positionnement. Cette institution est centrale dans de nombreux domaines : sécurité civile, aménagement du territoire, gestion forestière ou renseignement… En tant que planificateur, cet organisme revêt un intérêt critique ; il part des besoins et répond aux attentes d’une grande variété d’utilisateurs, des forces armées aux collectivités territoriales, etc. On en mesure l’importance alors qu’il s’agit d’adapter nos sociétés au changement climatique. L’utilisation des énormes masses de données aériennes, spatiales et sol sont ainsi retraitées pour nourrir une myriade de services accessibles en accès ouvert, ce qui confirme combien la problématique des données et des infrastructures stratégiques et d’intérêt général compte dans l’administration et la puissance publique. La « cartographie de l’anthropocène » n’est ainsi pas un luxe, mais bien une nécessité fonctionnelle. Cette rencontre fut passionnante et en appelle d’autres !

J’ai également rencontré deux entreprises : Spacens et Loft Orbital. La première, qui propose le concept innovant du « mini » satellite géostationnaire, pour réinvestir cette orbite en passe d’être décoté par le sur-déploiement en orbite basse. Le plus difficile est de lever des fonds et de monter en échelle néanmoins, car ça n’est pas le genre de projet qui peut être déployé sans engager des investissements massifs, quand bien même le « mini » géo coûterait bien moins cher à produire et à lancer. Je suivrai de près leur projet fort intéressant – et merci encore à Yann Le Du pour les échanges. La visite chez Loft Orbital, entreprise franco-américaine fondée en 2017 à San Francisco (et que j’ai découverte sur place à l’époque), fut d’une autre teneur, car les équipes (300 salariés au total) opèrent déjà une flotte de satellites et passent de nombreux contrats, récemment avec la DGA pour la mission DESIR (dont j’ai déjà pas mal parlé ici). L’un des responsables de l’entreprise, Frédéric Cristini, que je côtoie à l’IHEDN d’ailleurs (small world), m’a expliqué les nombreux aspects dans l’évolution passée et en cours de la start-up. L’enjeu de la souveraineté pour une entreprise présente aux USA, en France et aux EAU, le développement de la formule du partage de plateformes pour des missions partagées, la relation avec les industriels établis, le CNES et la DGA, les projets futurs qui engagent des investissements très significatifs, la structuration capitalistique de l’entreprise (qui engage la multinationale BlackRock), les opérations et la R&D sur site à Toulouse, etc. : nous avons énormément échangé !

Ce déplacement en appelle encore d’autres tant l’écosystème spatial français est riche. Dans ce champ d’activités si essentiel mais exposé à des années de coupes et de fuites en navrant du macronisme spatial, nous pouvons et devons faire mieux.



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